L’entreprise et les salariés, acteurs majeurs de la transformation de la mobilité

02 juin 2023

Un article de Amélie Phélip, Directrice mobilité (ARVAL BNP Paribas), paru dans le livre blanc « La mobilité en 2035 »

Si la pandémie de Covid-19 a développé le télétravail et diminué les déplacements professionnels, deux tiers des salariés se rendent en moyenne trois jours par semaine sur leur lieu de travail. Ces déplacements sont donc au cœur de la vie de la grande majorité des salariés et leur efficience a un impact majeur sur leur qualité de vie, et par conséquent sur leur apport à l’entreprise.

C’est pour cela que l’Arval Mobility Observatory a mené une étude fin 2022 en Europe pour mesurer les attentes des collaborateurs concernant cette mobilité.

Cette enquête démontre que proposer des solutions de mobilité aux salariés est un moyen clé des entreprises pour améliorer leur attractivité et être plus performantes en matière de rétention des talents.

 

Un facteur de choix du salarié, des attentes selon le triptyque durée/confort/accessibilité

L’offre de mobilité est un facteur clé pour les salariés lorsqu’ils choisissent leur entreprise. 66 % des salariés considèrent que les solutions de mobilité proposées par leur future entreprise sont un critère important.

Et à ce jour, la majorité des salariés interrogés (55 %) ne sont pas convaincus par l’offre de mobilité de leur entreprise. Le niveau de satisfaction est corrélé à la quantité d’offres de services de mobilité : aux Pays-Bas et en Belgique, où le nombre de services de mobilité proposés est plus élevé, le niveau d’insatisfaction est bien moindre : 37 % des salariés aux Pays-Bas et 49 % en Belgique.

La durée du trajet, le confort et l’accessibilité du moyen de transport sont les principaux critères de choix pour les dé- placements professionnels. Le coût entre également en jeu mais en deçà des attentes de qualité et d’efficacité.

C’est pour ces raisons qu’à ce jour la voiture reste le moyen de transport le plus sollicité. Elle répond à ces exigences. Les services de mobilités proposés par les entreprises en Europe aujourd’hui sont donc logiquement le véhicule de fonction ou la place de parking.

Mais à l’avenir dans les villes, la voiture ne sera plus un moyen de transport adapté. Les législations restrictives d’accès ou les différentes taxes la rendront peu efficiente et trop chère.

Les entreprises ont donc l’opportunité unique de se rendre plus attractives en proposant des services de mobilité qui répondent aux attentes de leurs collaborateurs. Ces moyens seront innovants, légers, décarbonés, parfois partagés, avec des interconnexions digitales avec les autres moyens de transports publics et privés.

 

Les entreprises ont une responsabilité dans la transition écologique

À ce jour, le développement durable n’est pas mis en avant par les salariés comme un critère de choix important pour leur mode de transport.

Les entreprises ont donc un rôle clé à jouer car elles sont de véritables prescripteurs en matière de transition énergétique et de durabilité, en complément ou remplacement des offres de mobilités proposées à ce jour. Les possibilités sont nombreuses :

  • Louer, acquérir ou offrir des conditions d’accès à des véhicules électriques ou des vélos électriques démontrera leur efficacité pour ceux qui les utiliseront ;
  • Mettre à disposition des flottes de véhicules partagés pour inciter les collaborateurs à ne plus utiliser de véhicule personnel avec des parcours utilisateurs simples : clé sur smartphone, réservation sur application, parc dimensionné pour répondre aux demandes… ;
  • Proposer des offres pensées de bout en bout pour faciliter l’expérience de collaborateur : parkings sécurisés pour vélos électriques, bornes de recharges pour véhicules électriques avec différentes puissances, cartes de mobilité pour gérer du forfait mobilité durable, app multi-modale MaaS,… ;
  • Et si cela a un coût, il n’est finalement pas plus élevé que la voiture de fonction thermique traditionnelle, voire moindre dans de nombreux cas, et l’attractivité renforcée de l’entreprise doit rentrer dans l’équation économique.

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